Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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Taxe carbone : Nicolas Sarkozy disqualifié sur le climat ?

jeudi 3 septembre 2009

Après la diffusion par voie de presse de la position du Premier ministre sur la taxe carbone, Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie, dénonce la manipulation du gouvernement sur ce dossier et l’insignifiance de sa proposition. Il appelle Nicolas Sarkozy à revoir la copie de François Fillon dès ce soir lors de sa rencontre avec les représentants d’Europe Ecologie. A défaut, le Président de la République se disqualifierait sur le climat, enjeu majeur de ce siècle.

« La contribution climat énergie telle que définie par les écologistes et les experts était un outil à la fois environnemental et social. La taxe carbone de M. Fillon n’est ni l’un ni l’autre. Elle nous éloignerait de nos obligations en matière de lutte contre les changements climatiques et renforcerait notre dépendance au nucléaire, laisserait les Français seuls face à l’augmentation des prix de l’énergie, tout en risquant de pénaliser fortement les plus pauvres dès aujourd’hui », déclare Yannick Jadot.

C’est un véritable gâchis pour le climat et pour une plus grande justice sociale. C’est un mépris absolu pour les acteurs du Grenelle (associations, syndicats, patronat, collectivités territoriales et Etat) et les membres de la Commission Rocard qui étaient parvenus à un compromis écologique et social sur le principe et certaines modalités d’une contribution climat énergie. Une voie juste socialement et efficace écologiquement serait : un prix minimum de 32 euros la tonne de CO2 atteignant progressivement 100 euros en 2030, la prise en compte évidente de l’électricité, la compensation pour les ménages modestes les plus touchées par exemple via un "chèque vert", et une vraie politique d’investissement dans les économies d’énergie.

« En entretenant le flou sur les mesures sociales accompagnant sa taxe carbone, le gouvernement a réussi - habilement - à générer les attaques de ceux qui s’inquiètent sincèrement de ses impacts, comme de ceux qui préfèrent les jeux de communication et de posture politicienne à la responsabilité et au courage d’engager des réformes structurelles indispensables. Plutôt que de répondre à ces attaques en annonçant des mesures compensatoires pour les ménages, le gouvernement préfère réduire l’ambition environnementale : prix du carbone arbitraire et insuffisant, aucune précision sur sa progressivité dans le temps, exclusion de l’électricité et notamment du chauffage électrique pourtant principal vecteur de pauvreté énergétique et contributeur à l’effet de serre... Autant dire que la taxe version Fillon ne ferait évoluer ni les comportements individuels ni les stratégies industrielles et d’investissement.

Le Président Sarkozy se disqualifierait sur le thème de l’écologie et du climat, à quelques mois du Sommet de Copenhague, en validant la stratégie de statu quo de son Premier ministre. S’il prend part à cette mascarade, ce sera alors aux élus du Parlement français de prendre leurs responsabilités », conclut Yannick Jadot.

Yannick Jadot

Député européen Europe Ecologie - Verts / ALE

Vice-Président de la Commission du Commerce international

Bruxelles, le 3 septembre 2009 -

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