Le Pakistan est à un tournant décisif : l’impopulaire Président du Pakistan, le général Musharraf, a imposé la loi martiale, renvoyant la Cour suprême, jetant des milliers de démocrates en prison et réduisant au silence les médias et les libertés fondamentales. Le général justifie ses actes par la menace d’une coalition imaginaire de terroristes et de juges indépendants - mais ce qu’il craint réellement, c’est de perdre son pouvoir absolu.
Les élections sont prévues pour janvier 2008 — elles ne doivent pas être ajournées. Mais la loi martiale et l’emprisonnement des opposants démocrates sont loin de garantir un vote libre et juste. C’est pourquoi nous appelons la communauté internationale — et particulièrement le Congrès, qui a voté le versement de milliards de dollars en aide militaire à Musharraf pendant les six dernières années — à actionner tous les leviers pour assurer des élections rapides et restaurer la Constitution.
Nous venons de recevoir un e-mail d’Asma Jahangir, présidente de la Commission des droits de l’homme du Pakistan et rapporteur de l’ONU sur la liberté de la religion. Assignée à résidence à Lahore, elle fait partie des nombreux Pakistanais qui demandent à la communauté internationale de faire entendre sa voix de toute urgence :
La presse et les avocats sont fortement réprimés...
Le Président de la cour suprême est en résidence surveillée (ce n’est pas officiel). Le président du barreau de la Cour suprême (Aitzaz Ahsan) et deux de ses prédécesseurs, messieurs Muneer Malik et Tariq Mahmood, ont été emprisonnés pour un mois, sous le coup des lois de détention préventive... D’autres hommes politiques-clés ont été également arrêtés. Hier, j’ai été assignée à résidence pour trois mois. Le Président (qui perd le contrôle) a déclaré qu’il devait immobiliser la presse et les autorités judiciaires pour lutter contre le terrorisme. Les personnes qu’il a arrêtées sont progressistes et laïques alors que les terroristes se voient proposer négociations et cessez-le-feu.
Les avocats et la société civile vont défier le gouvernement, et la situation a bien des chances d’empirer. Nous voulons que les amis du Pakistan demandent à l’administration des Etats-Unis d’arrêter tout soutien à un dictateur instable , dont la soif de pouvoir est en train de mener le pays près de la pire forme de querelles civiles.
—Asma Jahangir
Lahore, Pakistan
Le général Musharraf affirme que la loi martiale est nécessaire pour combattre le terrorisme. Mais cela ne tient pas. Musharraf entretient des liens étroits avec les talibans pakistanais (voir PS ci-dessous). L’état d’urgence qu’il a imposé est uniquement dirigé contre l’opposition démocratique, la presse indépendante et les autorités judiciaires - à quelques jours d’un arrêt de la Cour suprême sur la légalité de la récente réélection de Musharraf à la tête de l’Etat (aussi chef des armées). Dans un sondage daté d’août, les Pakistanais ont déclaré souhaiter en priorité "garantir une justice indépendante, une presse libre et des élections libres".
A présent, les dirigeants internationaux se demandent comment réagir. Le général Musharraf justifie la répression en cours par une rhétorique anti-terroriste parce qu’il dépend de l’aide militaire étrangère et de la reconnaissance internationale pour maintenir sa légitimité. C’est pourquoi nous devons nous faire entendre maintenant.
Le monde ne peut pas ignorer la menace de chaos qui plane sur le Pakistan ou refuser d’écouter les voix des démocrates. Rassemblons-nous comme nous l’avons fait pour la Birmanie et incitons nos gouvernements à agir. Dans les jours qui viennent, les voix du monde entier auront un impact extraordinaire. Signez la pétition et parlez-en à vos amis maintenant :
http://www.avaaz.org/en/emergency_pakistan
Merci !
Paul, Pascal, Galit, Ricken, Graziela, Ben et l’équipe d’Avaaz

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