La France a fait du thème des migrations l’une des priorités de la présidence française de l’Union européenne du second semestre 2008. Les 13 et 14 octobre, le conseil des ministres de l’Union européenne se réunit à Paris pour adopter un « pacte européen sur l’immigration et t l’asile ». Par ailleurs, après une première réunion à Rabat en 2006, la deuxième conférence interministérielle euro-africaine en matière de migration et développement se déroulera à Paris les 20 et 21 octobre 2008.
La France entend proposer à ses homologues européens l’adoption
d’accords de « gestion concertée des flux migratoires et de
co-développement » comme modèle de négociation par lesquels d’une
part, elle fait la promotion d’une immigration choisie, d’autre part,
elle demande aux pays du Sud de réadmettre leurs ressortissants et
ceux des pays tiers ayant transité sur leur territoire.
Préoccupées par le caractère essentiellement sécuritaire du traitement des flux migratoires, entraînant des milliers de morts, et par les choix économiques mis en oeuvre qui maintiennent le continent
africain en marge du développement et amplifient la crise écologique,
les éluEs signataires de cet appel participerons à la mobilisation des
sociétés civiles européennes et africaines.
Dans le cadre de la coopération décentralisée, nous construisons avec
nos partenaires du Sud des relations d’amitié, de jumelage entre nos
collectivités locales françaises et les collectivités équivalentes
d’autres pays. Nous partageons avec eux une conception du
développement humain, solidaire et durable passant par le renforcement des sociétés civiles afin d’assurer en semble le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés
fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue
ou de religion, que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les
peuples.
Pour nous, la question des migrations et du développement ne peut être pensée que sous l’angle des intérêts mutuels : ceux des pays
d’origine, des pays de transit, des pays d’accueil et surtout, ceux
des migrants eux-mêmes.
Nous voulons une autre Europe que celle qui se transforme en forteresse et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers. Nous refusons la systématisation des centres de détention et de l’éloignement forcé.
Dans la continuité de la première conférence non gouvernementale euro-africaine « migration, liberté de circulation et droits fondamentaux », les 17 et 18 octobre nous participerons à la mobilisation de grandeampleur à Paris, pour une autre conception de l’immigration et un autre rapport entre l’Union européenne, l’Afrique et le reste du monde.

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