Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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Partis du PS ou du PCF : l’itinéraire de convertis à Europe Ecologie

mercredi 23 décembre 2009

Mots-clés : Régionales 2010

Ras-le-bol de formations politiques cloisonnées peinant à se renouveler, envie de creuser la problématique environnementale, éviction des listes régionales : des élus, anciens socialistes et communistes, ont expliqué leur choix à Libération.fr.

Ailleurs, l’herbe est-elle plus verte ? Ceux-là ont voulu vérifier. Militants au PS ou au PCF, élus locaux, ils ont quitté leur parti, « sur la pointe des pieds » ou en claquant la porte, pour rejoindre le rassemblement Europe Ecologie ou, du moins, s’en rapprocher. Une décision « lourde, compliquée », qu’ils n’ont pas « prise de gaieté de coeur », au terme d’un « long processus de maturation ». Mais ils décrivent aussi leur ras-le-bol de partis fonctionnant en vase clos, arc-boutés sur leurs affaires internes, passant à côté des questions environnementales. Et leur conviction que la gauche devra se recomposer autour d’un rassemblement « plus large et ouvert » que les organisations actuelles.

Certes, Europe Ecologie est un mouvement naissant, qui doit encore transformer l’essai en mars prochain, continuer à agréger sans se perdre en route. On s’y empoigne aussi sur la composition des listes ou la stratégie d’alliances. Mais « la dynamique est de leur côté », affirment ces « convertis ». « Comme beaucoup d’élus, j’étais mal »

Pour eux, le cœur n’y était plus depuis un bout de temps. Maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, « en marge du PCF depuis 20 ans », trépignait de voir que « rien ne bougeait à gauche, sur la question des banlieues, des inégalités de territoires » : « pas d’analyse de la société, de projet de civilisation. » Conseiller général du Val-de-Marne, Jacques Perreux, qui s’était « éloigné de la vie de l’appareil » communiste, y voyait « une ligne perdante pour le mouvement populaire ».

Nathalie Kaufmann, conseillère régional d’Ile-de-France, raconte un parti socialiste qui « s’est encrouté, des réunions de section dans lesquelles il ne se passe rien ». « Comme beaucoup d’élus, j’étais mal. Mais on reste, par responsabilité », ajoute son collègue à la région, Jean-Jacques Lejeune, parti du PS au même moment.

La préparation des régionales et un problème de candidature ont été la goutte d’eau. Les deux conseillers régionaux socialistes n’ont pas compris leur éviction de la liste de Jean-Paul Huchon. « Je ne sais pas si c’est moi qui suis partie ou si le parti m’a foutue dehors », balance Nathalie Kaufmann. Avec cette contradiction : s’ils hésitaient déjà à rendre leur carte, ils auraient bien voulu rempiler, tous deux pour un second mandat. « Ma place sur la liste n’a pas été la raison principale de mon départ, se défend Jacques Lejeune. Je pouvais entendre le besoin de renouveler mais on a été éjectés, traités comme des pions, sans respect pour des années de militantisme. »

« Autant y aller à fond ! »

Après avoir encaissé l’échec d’une candidature unitaire à la gauche de la gauche en 2007 - lui avait animé la campagne présidentielle de... José Bové
- et « timidement » appelé à voter Front de gauche aux européennes - « un début d’ouverture insuffisant » -, Jacques Perreux a, lui, décidé de démissionner en apprenant la candidature francilienne de Pierre Laurent, numéro 2 du PCF, - au lieu de Patrick Braouezec - aux régionales : « un mauvais signal ». Parallèlement, des responsables d’Europe Ecologie, dont Bové puis Cécile Duflot, tête de liste en Ile-de-France, ont sollicité ce chargé des questions de l’eau dans le Val-de-Marne. Lui qui avait noué « des amitiés politiques » avec des écologistes a hésité puis accepté de figurer en deuxième position sur la liste du département : « autant y aller à fond ! »

Opportunisme ? Ils s’en défendent. « Il y a plus confortable comme perspective », répond Eric Loiselet, démissionnaire du PS en octobre, et tête de liste Europe Ecologie en Champagne-Ardennes : « Ce sont des listes challengers. » Et à l’en croire, la transition ne va pas de soi.

Pour aider des socialistes lorgnant du côté des écologistes à « trouver la porte d’entrée », lui vient de monter un réseau au nom tout trouvé, Convergences. Une sorte de « sas pour leur dire de ne pas juste regarder derrière la vitre, mais de passer cette porte ».

« Un petit choc culturel »

Car « certains ont beau être déçus par les appareils, il y avait dans ce côté partisan quelque chose de confortable. Là c’est un petit choc culturel, un saut dans l’inconnu. » Autant qu’une bouffée d’air, selon eux, dans le fait de rejoindre un mouvement qui ne soit pas un parti. « Les appareils bureaucratiques écrasent la réflexion intellectuelle », dénonce Gatignon.

« Ca peut être le moyen d’inventer une nouvelle forme », espère Kaufmann, quand Lejeune voit « l’avenir dans des organisations ouvertes, pas dans des partis structurés ».

Mais ces anciens socialistes et communistes se font aussi fort de maintenir le cap à gauche. Avec Convergences, Loiselet veut servir de « balise sociale dans le mouvement en construction » et y contribuer en amenant la sensibilité et l’expérience d’ex-militants PS. Kaufman et Lejeune ont adhéré à son réseau - sans encore rejoindre Europe Ecologie -, « pour renforcer cet aspect social ». Gatignon, lui, qui conduira la liste en Seine-Saint-Denis, veut « porter la question de la banlieue » au sein d’Europe Ecologie. Un peu « dérangé » par le rapprochement - encore flou - voulu par certains avec les centristes, Perreux, « joue le fait que cette ligne là ne s’installe pas et qu’on reste à gauche ».

*Laure Equy*
LIBERATION 23/12/2009

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