Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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La sûreté du réacteur EPR mise en cause

mardi 3 novembre 2009

Mots-clés : Energie , Nucléaire

Voilà qui ne va pas arranger les affaires d’Areva et de l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération. Dans une déclaration commune, les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise ont émis, lundi, des réserves sur les systèmes de sûreté des réacteurs nucléaires EPR, demandant aux exploitants et au fabricant "d’améliorer la conception initiale de l’EPR".

Le niveau de sûreté des systèmes de contrôle-commande, cerveau de l’EPR, avait déjà été mis en cause en avril par l’inspection des installations nucléaires britannique (NII). La critique porte sur la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle, supposés être indépendants, l’un faisant fonctionner le réacteur et l’autre assurant sa sécurité.

"L’indépendance de ces systèmes est importante. En effet, si un système de sûreté est appelé à servir en cas de perte d’un système de contrôle, alors ces deux systèmes ne doivent pas faillir simultanément", soulignent lundi les autorités de sûreté du nucléaire française (ASN), britannique (HSE/ND) et finlandaise (STUK). En conséquence, les exploitants se voient demander "d’améliorer la conception initiale de l’EPR". "Il incombe aux exploitants et au fabricant Areva de répondre aux questions techniques soulevées par leurs autorités de sûreté", des solutions différentes pouvant être proposées par chaque exploitant "pour pallier la perte de systèmes de sûreté", selon la déclaration commune.

Dans une lettre adressée au directeur de l’ingénierie nucléaire à EDF, le directeur général de l’ASN, Jean-Christophe Niel, lui demande "d’examiner dès à présent des dispositions de conceptions différentes", car la "certitude d’aboutir in fine à une démonstration de sûreté acceptable fondée sur l’architecture actuelle n’est pas acquise". L’ASN relève que la "complexité" de cette architecture "rend difficile l’élaboration d’une démonstration de sûreté satisfaisante".

Pour le groupe Areva, "la sûreté du réacteur n’est pas mise en cause". Le groupe affirme soutenir "la démarche commune des autorités de sûreté nucléaire qui vont dans le sens d’une standardisation du contrôle-commande". La "renaissance du nucléaire est décapitée", s’est pour sa part réjoui le mouvement Sortir du nucléaire. Areva construit actuellement quatre EPR — une unité de 1 600 MW (mégawatts) à Olkiluoto (Finlande), une de 1 600 MW à Flamanville et deux de 1 600 MW chacune à Taishan (Chine) — et a engagé le 18 juin des négociations pour une centrale dans l’Ohio, aux Etats-Unis, qui constitue le huitième projet d’EPR dans le pays. Au total, vingt-trois réacteurs EPR sont en projet.

Destiné à devenir le premier réacteur EPR de troisième génération au monde, le réacteur d’Olkiluoto en Finlande, prévu initialement pour l’été 2009, accumule les retards et les dépassements de coûts. Son entrée en service pourrait être à nouveau retardée au-delà de juin 2012, a prévenu à la mi-octobre le commanditaire, TVO. Au Royaume-Uni, où les groupes français Areva et EDF se proposent de construire quatre réacteurs, leur sécurité avait été mise en cause dès le printemps par l’autorité britannique de régulation.

Le Monde
3 novembre 2009

mercredi 04 novembre 2009
Réacteur EPR : la polémique n’arrête pas le chantier (Ouest France)

« Aucun impact sur le planning », assurent EDF et Areva après les doutes émis par les autorités nucléaires sur la sécurité du réacteur en construction à Flamanville (Manche). Mais le débat, lui, fait rage.

La remise en cause du système de contrôle et de commande des deux réacteurs nucléaires, en construction à Flamanville et en Finlande, électrise le monde politique. Les Verts réclament « l’arrêt du chantier de Flamanville. Quatre milliards d’euros pour un réacteur expérimental, c’est de l’argent gaspillé. Il aurait pu servir dans un grand programme d’isolation thermique », commente Noël Mamère, député-maire de Bègles.

Le parti socialiste, par la voix de sa secrétaire nationale à l’énergie, Aurélie Filippetti, réclame « une commission d’enquête parlementaire sur la sûreté nucléaire », tandis que Corinne Lepage (MoDem) exige un moratoire et « un débat national sur les choix énergétiques ».

Ce tir de barrage ne semble, toutefois, pas émouvoir EDF et Areva. « Les réponses aux questions des autorités de sûreté seront apportées avant la fin de l’année. Et, à ce stade, il n’y a pas d’impact sur le planning du chantier. »

L’EPR n’en est pas à ses premiers déboires. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a déjà suspendu le chantier pour différentes malfaçons. « Pourquoi réagir aussi tard ? Le réacteur comporte-t-il d’autres défauts de conception mettant en cause sa sûreté ? Faut-il confier à des experts extérieurs un réexamen exhaustif des éléments de sûreté afin de vérifier si d’autres défauts de conception n’ont pas été négligés ? », interroge la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).

L’ASN a-t-elle réagi tardivement ?

L’intervention des autorités nucléaires semble, en effet, bien tardive. Le projet de réacteur de 3e génération est à l’étude depuis 1992. Comment le Premier ministre, Dominique de Villepin, a-t-il pu signer, en 2007, le décret d’autorisation de création sans savoir comment on allait piloter le coeur nucléaire ? « Rien d’anormal à cela », explique Guillaume Wack, directeur des centrales nucléaires au sein de l’ASN. « Un réacteur est très complexe. Son évolution est étudiée par étapes successives. Chaque fois plus détaillée. »

Les Anglais et les Finlandais s’en étaient émus dès décembre 2008. Guillaume Wack assure que l’ASN s’est penchée sur ce problème informatique « dès la fin 2007 ».

Pour Guillaume Wack, la réaction commune des trois autorités « constitue un bon exemple de coopération ». Elle pèse plus lourd face aux industriels de l’atome qui ne peuvent plus esquiver en arguant que les analyses diffèrent selon le pays client.

La fin d’une partie de poker menteur en quelque sorte.

Jean-Pierre BUISSON.

Une passe délicate pour le groupe Areva

La remise en cause de la sûreté de son EPR tombe vraiment mal pour Areva. Le numéro un mondial du secteur veut profiter à plein du développement de l’atome dans le monde. Il construit actuellement deux réacteurs de nouvelle génération (en Finlande et en France). Et va bientôt démarrer la construction de deux autres, en Chine, à Taishan (contrat de 8 milliards). De plus, une dizaine de projets sont dans les cartons (États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Inde, Abou Dhabi...). Areva n’a donc pas besoin d’un mauvais coup de pub. Surtout qu’elle est déjà en difficultés sur plusieurs fronts.

Trois ans de retarden Finlande

Première épine dans le pied, la construction du premier EPR de l’histoire, en Finlande, à Olkiluoto. Le chantier, démarré il y a quatre ans, devait être achevé cette année. Il accuse déjà trois ans de retard... Areva et TVO, son client, s’en renvoient la responsabilité. Pour le Français, TVO met trop de temps à valider les procédures. Le Finlandais reproche à Areva de ne pas les respecter. Pire, d’avoir mal ficelé son dossier, de n’avoir travaillé sur les plans d’ingénierie qu’une fois le contrat vendu. De plus, la Stuk, autorité de sûreté nucléaire finlandaise, estime qu’il y a eu quelques entorses au cahier des charges. Le chantier pourrait coûter 4,5 milliards, au lieu des 3 prévus.

Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva, doit également se battre sur un autre front :

celui de la vente de sa filiale TD (estimée entre 3 et 4 milliards), spécialisée dans la fabrication des matériels de transmission et de distribution d’électricité. Trois candidats sont sur les rangs : le couple Alstom et Schneider Electric, General Electric et le Japonais Toshiba. Les offres fermes devraient être déposées le 9 novembre. « Atomic Anne », comme la surnomme la presse anglaise, n’est pas très chaude pour se séparer de cette machine à cash (5 milliards de chiffre d’affaires, 31 000 salariés). Mais l’État, son actionnaire (près de 91 % du capital) l’y oblige.

Areva a en effet un besoin de financement estimé à 11 milliards pour financer ses projets. Et pour racheter les 34 % détenus par l’Allemand Siemens (2 milliards) dans leur filiale commune, Areva NP.

L’augmentation prévue de 15 % du capital d’Areva et l’argent apporté par Siemens pourraient permettre au groupe, sous pression depuis plusieurs mois (et notamment convoité, un temps, par Alstom et Bouygues) de souffler un peu.

Areva. 75 000 salariés. 13,1 milliards de chiffre d’affaires en 2008. 589 millions de résultats net. 50 milliards sur le carnet de commandes. Présent dans 43 pays.

Vos commentaires

  • Le 24 février 2010 à 00:26, par Laurent

    Une série d’articles très bien documentés sur l’énergie nucléaire

    Entre autres, on peut lire un document sur Les réacteurs de 4e génération : une illusion pour l’énergie qui remet bien les pieds sur terre.

    Les réacteurs nucléaires de 4e génération arriveront trop tard pour empêcher le déclin de l’énergie nucléaire, dû à la baisse prochaine de la production d’uranium. Douze tonnes de plutonium sont nécessaires pour démarrer un réacteur de quatrième génération.

    Et un autre sur la part réelle du nucléaire dans la production d’énergie en général et d’électricité en particulier Energie, électricité et nucléaire

    La part du nucléaire ne cesse de diminuer dans la production d’électricité, comme dans celle d’énergie primaire et dans l’énergie finale. L’électricité nucléaire ne représente que 15,7 % de l’électricité produite dans le monde en 2004, soit 1,7 % de l’énergie finale utilisée et 2,5 % de l’énergie primaire.

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