Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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La faim, la bagnole, le blé et nous

mardi 11 septembre 2007

Je suis journaliste (à Terre Sauvage et à La Croix), après avoir travaillé pour Politis, Géo, Le Canard Enchaîné, Télérama. Je suis le co-auteur, avec François Veillerette, du livre " Pesticides, révélations sur un scandale français " (Fayard, 2007). Si je me permets aujourd’hui de vous adresser ce message, c’est qu’il y a urgence, une urgence absolue.

Je publie le 3 octobre un livre intitulé " La faim, la bagnole, le blé et nous. " (Fayard). Son sous-titre est clair : une dénonciation des biocarburants. Je veux vous en parler directement. Vous pouvez certes y voir une banale opération commerciale, mais tel n’est pas le cas.

L’expansion fulgurante des biocarburants est une tragédie planétaire. Elle conduit en premier lieu à la stérilisation de millions d’hectares de terres agricoles et à l’aggravation tragique de la faim. Pour faire rouler des bagnoles. Savez-vous que le quart du maïs américain sert déjà à fabriquer du carburant automobile ? Une telle révolution a des effets en chaîne sur toutes les céréales et plantes alimentaires, dont le cours explose.

Elle conduit également à la destruction de ce qui reste de forêts tropicales. En Indonésie, le palmier à huile menace tout à la fois l’homme, l’orang-outan et l’éléphant d’Asie, ridiculisant tous les grands discours sur la biodiversité. En Afrique, le bassin du Congo est attaqué.

Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout. Pour remplir les réservoirs au détriment de la forêt et du cerrado, pourtant des écosystèmes uniques. Les biocarburants sont des armes de guerre et de mort.

Qui les soutient ? L’agriculture industrielle, les transnationales et tous ceux qui leur sont soumis, dont nombre de journaliste hélas. En France, je décris un système complexe dont l’un des centres n’est autre que le ministère de l’Écologie de M. Borloo, à travers l’Ademe et un organisme méconnu, Agrice. À quelques semaines du "Grenelle de l’Environnement", cela mérite d’être discuté. Mais je n’oublie pas tous les autres, y compris certains écologistes fort mal inspirés.

Car les biocarburants, comme je le montre, et malgré de rares études manipulées par lobby, ont un bilan écologique désastreux, qui aggravera l’effet de serre, quoi qu’en dise la propagande. Et en France, leur développement signe la fin de la jachère, refuge de la faune banale, des oiseaux et petits mammifères.

Au fait, savez-vous qu’une usine du Havre transformera dès 2008 des animaux en biocarburants ? Et qu’on tente de faire pousser, par génie génétique, des arbres mous, permettant d’extraire leur cellulose, matière première des biocarburants ?

Ce monde est fou, et sans la moindre morale. J’ai fait ce que je pouvais, c’est-à-dire mon job. Pour tenter d’arrêter cette insupportable machine, j’en appelle solennellement à vous. Agissez ! Agissons ensemble.

Message de Fabrice Nicolino Le Blog de Fabrice

Vos commentaires

  • Le 12 septembre 2007 à 08:17, par Virginie

    Que faire pour agir contre ces biocarburants ? Y a-til une assoc qui organise la lutte, une pétition en cours ? Merci pour les infos

    • Le 15 septembre 2007 à 14:34, par a-noname

      Un nouveau livre le 3 octobre chez Fayard, sur les biocarburants
      http://mdrgf.c.topica.com/maahRayab...

      l’asso : le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF sur le net)

    • Le 18 septembre 2007 à 15:17, par Madeleine

      J’ai été voir sur le site du journaliste, aucune piste d’actions ou de mouvement qui naîtrait par rapport à ça. Pour moi une des premières choses est de ne plus parler de biocarburant mais d’agrocarburant ou même de nécro-carburant, et d’expliquer pourquoi. Ensuite de diffuser l’info. Enfin de réduire si possible sa propre consommation de carburant. Voilà pour les mesures au niveau perso. Au niveau institutionnel, il est toujours possible d’écrire à sa/son député/e, à sa/son sénatrice/teur..., même à Nicolas Ier directement (et c’est gratuit en plus, pas besoin de timbre, il suffit de mettre Nicolas Sarkozy, Palais de l’Elysée, Paris).
      Idée bonus : adhérer aux Verts !

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