Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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LGV Poitiers Limoges – Les femmes potiches - Les arnaques

jeudi 7 décembre 2006

Je suis à Confolens. J’aime beaucoup l’ambiance qui règne dans la ville, les rues pavées, les décorations, la cathédrale ouverte où je vais faire un tour. J’assiste avec un couple d’agriculteurs bio à un débat organisé par la Commission Nationale du Débat Public. C’est une instance indépendante qui est chargée d’organiser des débats lors de grands projets structurants le territoire. Ces débats ont lieu en amont des prises de décision.

Ce soir, on discute de propositions de RFF (Réseau Ferré de France) et du gouvernement de créer des lignes de rabattement de la ligne POLT (Paris – Orléans – Limoges – Toulouse) pour rattraper la LGV Paris – Bordeaux : dans ce cadre, il y aurait une ligne LGV Limoges – Poitiers, avec 3 tracés envisagés, dont un qui passerai près de Ruffec mais pas à Ruffec même (sans possibilité d’arrêt). Ce projet de rabattement pourrait être un premier maillon du projet ALTRO, liaison Atlantique – Alpes (via Limoges et Lyon).

Je parle en tant que secrétaire des Verts Charente, c’est ma première intervention publique. Je sens un peu d’émotion, mais je suis convaincue alors je me lance. Je rappelle que les Verts soutiennent les projets ferroviaires, en tant qu’ils sont une véritable alternative à la voiture et aux camions ; qu’ils appellent dans la mesure du possible à la réutilisation et à l’amélioration des voies déjà existantes, afin de ne pas porter un impact environnemental trop fort aux territoires par l’implantation de nouvelles voies ; que soit davantage pensés les flux différents sur une même infrastructure (possibilité d’avoir à la fois des TER et TGV sur une même ligne…). J’insiste sur la question du prix des billets, pour que l’accès au train soit davantage démocratisé et non élitiste. Je redis nos souhaits d’une politique plus ambitieuse concernant les TER, notamment le Angoulême – Limoges tellement peu entretenu. Enfin, je termine par la question fondamentale du sens à vouloir aller « toujours plus vite et toujours plus loin ». Je suis contente d’avoir parlé, dans ce contexte d’une centaine de personnes, essentiellement des hommes, où seules deux femmes dans l’assemblée ont osé prendre la parole.

A la fin de la soirée, je suis allée voir la présidente de la commission, qui avait tellement bien tenu son rôle. Je l’ai remercié et lui ai juste fait une remarque « les deux jeunes filles en tailleur bleu ciel pour porter le micro, était-ce bien nécessaire ? C’est toujours cette image de la femme – potiche qui est véhiculée par là. Pourquoi pas un homme, ou deux hommes, ou personne (le micro peut bien se passer tout seul) ! ». Elle me répond qu’elle est d’accord, qu’elle-même quand elle était jeune s’est beaucoup battue pour ce genre de cause, que c’est sous-traité à une entreprise privée. Avant de prendre la route, je décide de boire un jus de fruit offert. L’homme me dit qu’il est équitable, je suis vraiment contente et je regarde la bouteille que je ne connais pas. Rien d’équitable ou de bio dans le jus de fruit !! Je le lui fais remarquer, il insiste d’abord puis reconnaît son erreur. Et là, bouquet, une des femmes de la commission qui dit derrière moi « et bien cela fait 18 réunions que je crois boire du jus de fruit équitable ! »…

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