Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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L’Abbé Pierre rejoint le paradis

lundi 22 janvier 2007

Mots-clés : Solidarité

Ça c’est sûr, il ne peut en être autrement. ça me fait un peu tout chose au fond de l’estomac et des yeux. de ces personnes qui te tirent en avant, par le simple fait d’exister...

Je vous livre l’édito de la Charente Libre que j’ai beaucoup aimé : Et l’abbé Pierre s’en est allé...

Salut l’Abbé ! Il a donc fini par te rappeler en son royaume toi qui Le lui demandais depuis déjà bien longtemps. Toi qui disais que plus tu allais en âge, plus tu étais sûr qu’il « y avait dans la vie deux choses à ne pas rater : aimer et mourir ». Pour ce qui est de mourir, on est heureux de savoir que tu l’as fait dans la sérénité et la tranquillité. Pour ce qui est d’aimer, pas de souci non plus : tu étais champion du don, médaille d’or de l’amour du prochain, marathonien de la solidarité. Pas étonnant que depuis des années tu aies récolté tous les honneurs, que ta pèlerine ait été trouée de toutes ces médailles que la République t’avait décernées, que tu te sois toujours retrouvé en tête du hit-parade des personnalités les plus aimées des Français. Hier, du simple mécréant aux locataires des palais de la République, de ceux de tes Compagnons ferrailleurs qui t’avaient accompagnés à tous ceux qui ne t’avaient jamais rencontré mais qui aimaient ton sourire malicieux fendant une barbe en bataille, est monté le même chœur de louanges. On a salué « l’apôtre des sans-abri », chanté en toi un « géant de la miséricorde », honoré le « citoyen du monde ». On a parlé « hommage national », suggéré des obsèques du même tonneau, réalisé des émissions spéciales en ton honneur. Rien d’étonnant : bien avant même de prendre congé de nous, tu étais devenu un mythe, une légende [Publicité] Tu ne t’appartenais plus vraiment et ça devait sacrément te peser. Car toi l’Abbé, tu étais d’abord et avant tout un rebelle, un révolté de l’injustice. L’arme à gauche, c’est pas hier que tu l’as passée. Mais déjà, quand député MRP, tu ruais dans les brancards de ton groupe, versais tes indemnités aux SDF, refusais de privilégier l’enseignement libre. Tu admettais ne pas avoir eu le « sens politique ». Mais qui dira que tu n’avais pas le sens de l’Histoire et de la justice quand tu refusais de soutenir les guerres coloniales ou que tu t’opposais à la répression ouvrière ? Curé rouge ? Non, curé de combat. Toujours plus proche du pot de terre que du pot de fer. Un curé dont on aimait les défauts autant que les qualités, les coups de colère que la main tendue aux sans-abris. Tu savais mieux que quiconque, grâce à la complicité des médias, faire entendre tes indignations. Ce n’était jamais pour te mettre en vedette mais pour les causes que tu n’as cessé de défendre. La loi sur le droit au logement opposable va porter ton nom. C’est Borloo qui l’a dit hier. Mais le plus bel hommage qu’on t’ait rendu l’a été par un de ceux pour qui tu t’es tant battu. A l’annonce de ton départ, un SDF a glissé : « sa mort ça me fait plus mal que la morsure du froid ce matin ».

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