Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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Il ne suffit pas de repeindre la façade en vert, c’est toute la maison qu’il faut changer

jeudi 6 mars 2008

L’idylle proclamée, mais contrariée, d’un édile avec l’écologie

On l’a vu ramer, un jour, sur la Charente. Un autre jour, il pédalait dans les rues d’Angoulême sur un vélo électrique. Nul doute : ce candidat veut se donner, sur la photo, une belle image d’écologiste. Dans son programme, il nous promet un quartier de haute qualité environnementale, un tram-train et des panneaux solaires sur le toit des bâtiments municipaux… Toutes idées qu’on dirait empruntées au projet des « Verts ».

Ainsi, après six années d’inaction et même de dédain à l’égard des préoccupations environnementales, notre édile proclame-t-il son idylle avec l’écologie. Mais les bans ne sont pas prêts d’être publiés, car —en dépit de ce qu’il veut nous faire croire— la future mariée n’est pas du tout consentante.

N’est-ce pas lui, se souvient-elle en effet, qui a massacré une gare routière pourtant très performante et qui a multiplié les parkings en centre ville ? Qui n’a construit que des bâtiments de basse qualité environnementale, énergétivores et polluants ? N’est–ce pas lui qui a négligé le plan de déplacement urbain et a péniblement mis en place quelques centaines de mètres de voie cyclables ? Il n’a rien fait, note-t-elle encore, pour les énergies renouvelables pendant ses mandats et les propositions de ses opposants écologistes ont toujours été traitées avec mépris et condescendance. Il laisse les cantines scolaires nourrir les enfants avec des aliments qui contiennent sans doute des OGM et sûrement des pesticides. Il distribue généreusement les produits phytosanitaires dans le moindre espace vert de sa commune.

Il soutient sans réserve le gouvernement actuel qui promeut des pesticides toujours plus dangereux, qui continue allégrement la construction d’autoroutes, qui démantèle le transport de fret par le rail (l’a-t-on entendu lorsque les gares de fret ont massivement été fermées ?), qui construit de nouvelles centrales nucléaires dont les déchets constituent une menace environnementale pour des milliers d’années.

Fort de cette logique, il prend sur sa liste deux conseillers ministériels —et quels conseillers ! L’un d’une ministre qui amuse la galerie avec la maison à 15 euros par jour . L’autre de la ministre qui massacre à coup de hache le tissu culturel —à commencer par le festival Musiques métisses, qui a vu de surcroît sa subvention municipale diminuer !

Notre édile soutient qu’il a acheté trois vélos électriques il y a trois ans. Dommage qu’il n’y ait pas de compteur sur ceux-ci ; ils afficheraient un très faible kilométrage, à moins qu’ils n’aient roulé de nuit car nul ne les a vu rouler ! Pour justifier cet achat, il met en avant la « fabrication » de ces vélos en Charente, ne faisant visiblement aucune différence entre « fabriqué » et « assemblé ». Les pièces viennent de Chine, parcourant des milliers de kilomètres en bateau et en camion. Il en est de même pour les batteries (de bas de gamme) alors que l’ un des meilleurs fabricants de batteries au monde est implanté dans notre département.

Il est vrai que notre édile aime la route, lui que l’on n’a jamais vu prendre le TGV ni le moindre transport collectif dans Angoulême. Il a certes signé un « plan local d’initiative climat » avec la Région. Mais il n’était même pas là, en tant que conseiller régional, pour le voter, et s’est empressé de le ranger au fond d’un tiroir.

Nous en prenons tous conscience : à l’heure où le prix du baril de pétrole vient de franchir le cap des cent dollars, il devient urgent de mettre en place une politique écologique. Encore faut-il que celle-ci soit réfléchie et cohérente et ne soit pas réduite au rang d’argument électoral, en repiquant quelques idées écologistes à la dernière minute dans un terreau sarkozyste. Pour être crédible, il ne suffit pas de repeindre la façade en vert… c’est toute la maison, depuis ses fondations jusqu’au toit, qu’il faut changer.

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