Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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Identité nationale

lundi 14 décembre 2009

Les organisations suivantes : AC, Baobab, Femmes solidaires, Charente Palestine, Amis du Monde diplomatique, ATTAC 16, Parti communiste, Verts, NPA, Parti de Gauche, CNT, Solidaires, Sud-Education se sont retrouvées ce lundi à la Maison des Peuples et de la Paix pour coordonner leur attitude vis à vis du débat sur "l’identité nationale" organisé par la Préfecture ce Jeudi 17 décembre aux chais Magelis.

Elles se sont reconnues unanimement dans le texte de l’appel de Médiapart "Nous ne débattrons pas" que vous trouverez en pièce jointe. Dans sa concision il donne tous les arguments de ce refus.

Ne pas débattre n’est pas se taire, mais exprimer son désaccord sur le fond. Les organisations appellent tous les Charentais et toutes les Charentaisesà participer à une manifestation très visuelle dès 17h00 le soir du débat, le Jeudi 17 décembre sur l’esplanade des Chais Magelis. Par des ballons de toutes les couleurs avec des inscriptions personnalisées, symboles de la diversité de nos identités et de l’unicité de notre identité, nous manifesterons que :

"Affaire publique, la nation ne relève pas de l’identité, affaire privée. Accepter que l’Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c’est ouvrir la porte à l’arbitraire, à l’autoritarisme et à la soumission." (extrait de l’appel ci-joint)

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Appel "Nous ne débattrons pas"

Nous ajoutons à cette citation, l’extrait d’un spectacle consacré à Lorca au théâtre d’Angoulême... si on change espagnol pour français, on a tout dit !
ça date de 1936 :

« Je suis espagnol intégral et il me serait impossible de vivre hors de mes limites géographiques ; mais je déteste celui qui est espagnol pour être espagnol.

Je suis frère de tous et j’exècre l’homme qui se sacrifie pour une idée nationaliste abstraite uniquement parce qu’il aime sa patrie avec un bandeau sur les yeux. Le bon chinois est plus proche de moi que le mauvais espagnol. Je chante l’Espagne et je la sens jusqu’à la moelle ; mais je suis d’abord citoyen du monde et frère de tous… »

P.-S.

Je rajouterai ce texte magnifique de Morvan Lebesque, écrivain breton, dans son livre Comment peut-on être Breton ?

« Le breton est-il ma langue maternelle ? Non : je suis né à Nantes où on ne le parle pas. Est-ce que je le parle ? Rarement, et pas assez bien pour l’écrire. Suis-je même breton ? Vraiment, je le crois et m’en expliquerai. Mais de « pure race », qu’en sais-je et qu’importe ?

* "Vous n’êtes donc pas raciste ? * Ne m’insultez pas. * Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste ? * Tout cela, rien de cela. Au-delà. * Mais alors, nous ne nous comprenons plus. Qu’appelez-vous breton ? Et d’abord, pourquoi l’être ?

Question nullement absurde. Français d’état-civil, je suis nommé français, j’assume à chaque instant ma situation de Français ; mon appartenance à la Bretagne n’est en revanche qu’une qualité facultative que je puis parfaitement renier ou méconnaître. Je l’ai d’ailleurs fait. J’ai longtemps ignoré que j’étais breton. Je l’ai par moment oublié. Français sans problème, il me faut donc vivre la Bretagne en surplus ou, pour mieux dire, en conscience : si je perd cette conscience, la Bretagne cesse d’être en moi ; si tous les Bretons la perdent, elle cesse absolument d’être. La Bretagne n’a pas de papiers. Elle n’existe que dans la mesure où, à chaque génération, des hommes se reconnaissent bretons. À cette heure, des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons ? Nul ne le sait. À chacun, l’âge venu, la découverte ou l’ignorance."

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