Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
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Free obtient la 4e licence mobile 3G

vendredi 18 décembre 2009

Consternant que cette annonce, et que les déclarations de l’ARCEP : "nous sommes à un taux d’équipement de 95%, c’est peu, nous pouvons atteindre 120 - 130 %", ce qui veut dire plus d’un téléphone portable par personne... + un tel fixe, + un tel bureau... on va être super connectés !

Après les articles du Monde, je vous joins mes notes du livre sorti cet été : Téléphonie Mobile, onde de choc... ça ne m’a pas fait abandonner mon portable, mais cela a infléchit durablement mon utilisation de celui-ci et confirmé mes positions politiques sur ce sujet.

La candidature de Free Mobile, filiale d’Iliad, a été retenue pour la quatrième licence mobile de troisième génération (3G), annonce l’Arcep, le régulateur français des télécoms.

Iliad était candidat unique dans le cadre de cet appel d’offres lancé en août dernier, pour une licence dont le prix a été fixé à 240 millions d’euros.

Free Mobile s’est engagé à ouvrir commercialement son réseau mobile au plus tard dans deux ans, à couvrir d’ici huit ans au moins 90% de la population, et à accueillir sur son réseau des opérateurs mobiles virtuels (MVNO), ajoute l’Arcep dans un communiqué.

"Dès 2012, les consommateurs verront leurs possibilités de choix élargies", explique l’autorité de régulation.

Son président, Jean-Ludovic Silicani, a ajouté lors d’une conférence de presse que la nouvelle filiale d’Iliad pourrait atteindre l’équilibre aux alentours de 2015.

Il a souligné que la trésorerie et la capacité d’autofinancement d’Iliad lui permettait de financer le projet Free Mobile, mais que des sources complémentaires de financement, dont d’éventuelles augmentations de capital, n’étaient pas exclues.

Interrogé sur l’éventuelle ouverture de boutiques, le président a expliqué que le groupe, qui réalise aujourd’hui l’ensemble de son chiffre d’affaires dans la vente par internet, réfléchissait à la mise en place d’un réseau physique de contact avec ses clients.

Jean-Ludovic Silicani a également indiqué que le groupe de Xavier Niel ne prévoyait pas de subventionner les terminaux mobiles, contrairement aux trois opérateurs existants.

Vers 10h50, le titre Iliad est en hausse de 3,59%, à 83,66 euros.

D’autres fréquences devraient être mises aux enchères au cours des prochains mois, dans le cadre d’un processus ouvert également aux opérateurs existants, Orange (France Télécom), SFR (Vivendi) et Bouygues Télécom.

L’Arcep a indiqué qu’un nouvel appel d’offres serait lancé au premier semestre 2010 pour attribuer le reliquat de fréquences dans la bande 2,1 GHz.

Le processus d’attribution des bandes 800 MHz et 2,6 GHz permettant le déploiement des réseaux mobiles de quatrième génération à très haut débit (4G) serait quant à lui déclenché au second semestre 2010.

Marie Mawad, édité par Cyril Altmeyer
Le Monde, 18 décembre 2009
PARIS (Reuters) -

4e licence mobile : dix ans d’atermoiements, d’oppositions et d’intense lobbying

Il aura fallu presque dix ans pour que le processus d’attribution des licences de téléphonie mobile de "troisième génération" (3G) parvienne à son terme en France.

En 2000, tous les Etats européens réfléchissent à allouer, sans pour autant les brader, des fréquences radio (donc des licences) aux opérateurs de télécommunications. Ils exploitent alors des réseaux aux normes GSM et veulent passer à la génération suivante pour mieux transporter la voix, les données, et pouvoir connecter des téléphones à l’Internet.

Les autorités britanniques choisissent d’attribuer leurs licences par des enchères, qui réussissent au-delà de toute espérance : les opérateurs mettent 35 milliards d’euros sur la table.

En Allemagne, quelque temps plus tard, ce sont 50 milliards d’euros…

Des sommes astronomiques : en pleine folie Internet, certaines entreprises sont encore prêtes à tout pour participer à la révolution numérique.

En France, le principe des enchères n’est pas retenu, mais le prix des quatre licences disponibles est fixé à 2,4 milliards d’euros l’unité. Or, en 2001, la bulle Internet vient d’éclater. Seuls deux opérateurs se portent candidats : France Télécom et SFR, filiale de Vivendi.

Bouygues jette l’éponge. Finalement, en 2002, les trois industriels décrochent leurs licences pour "seulement" 619 millions d’euros.

PAYSAGE CONCURRENTIEL

Il reste une quatrième licence, donc des fréquences vacantes. En 2007, le processus d’attribution est relancé pour des raisons techniques : ces fréquences peuvent être redistribuées aux trois opérateurs existants, à condition qu’aucun candidat ne se manifeste.

Iliad (Free) sort du bois. Quasi inexistant en 2001, le petit fournisseur d’accès à Internet, qui a fait sa place dans le paysage concurrentiel grâce au succès de ses offres "triple play" (téléphone-télévision-Internet), veut jouer dans la cour des grands.

En 2007, son dossier de candidature est d’abord rejeté, parce qu’il demande l’étalement du paiement de la licence.

Parallèlement, le lobbying des trois opérateurs "historiques" joue à plein. Pas question d’ouvrir un marché sur lequel ils gagnent énormément d’argent et où ils se sont entendus.

En 2005, l’Autorité de la concurrence les condamne au total à une amende de 534 millions d’euros. Ils multiplient les recours, auprès du Conseil d’Etat et de la Commission européenne.

De son côté, le gouvernement se montre excessivement prudent même s’il finit, après de nombreuses consultations, par réduire le prix de la licence, à 240 millions d’euros, et par lancer l’appel à candidature. Le décret paraît le 1er août 2009.

Si la France se dote d’un quatrième opérateur, c’est aussi grâce à l’Arcep, le gendarme des télécommunications, qui, souvent accusé d’être un peu trop "pro-Iliad" par les trois grands, a œuvré ces dernières années pour qu’on dynamise le marché des mobiles.

Cécile Ducourtieux
Le Monde, 18 décembre 2009

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