Madeleine Labie

Conseillère Municipale d’Angoulême
Déléguée au Grand Angoulême


Madeleine Labie

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Fauchage de maïs OGM en Espagne

mercredi 14 juillet 2010

Mots-clés : OGM

Aujourd’hui, le12 juillet 2010, quelques dizaines de personnes ont saboté deux champs d’expérimentation de maïs génétiquement modifié appartenant à Syngenta dans la commune de Torroella de Montgrí (Baix Empordà, Giron, Catalogne).   Nous avons détruit ouvertement l’expérience transgènique de Syngenta parce que selon nous ce genre d’actions directes constitue la meilleure façon de répondre à la politique de faits accomplis par laquelle le gouvernement autonome de la Generalitat, l’État et les transnationales biotechnologiques nous imposent depuis douze ans les organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’agriculture ainsi que dans notre nourriture.   L’État espagnol, avec plus de 75.000 ha.de cultures transgéniques en 2009, rassemble 80% environ de la surface consacrée aux OGM en Europe[1]. Avec quelques 27.000 ha. semés, la Catalogne est, après l’Aragon, la région européenne avec la surface d’OGM la plus vaste. De même, pendant les dernières années, 42% des champs d’expérience ouverts d’OGM dans l’UE se trouve à l’intérieur de l’État espagnol.[2]   Syngenta est la troisième entreprise de semences la plus grande du monde (dépassée seulement par Monsanto et Dupont). Sa cible est monopoliser le marché mondial de graines afin que tous les paysans et toute la production agricole de la planète dépendent de ses ventes de semences. Syngenta, ainsi que l’ensemble d’entreprises transnationales (ETN) qui dirigent les marchés mondiaux d’engrais agraires (semences, fertilisants, agrochimie...) les circuits de distribution et commercialisation de la nourriture et des matières premières agro-alimentaires, et le marché mondial de produits transformés, est un des principaux agents bénéficiaires du modèle agro-alimentaire corporatif et industriel actuellement hégémonique. Après avoir imposé le-dit modèle pendant des décennies à une échelle mondiale, il y a toujours plus de voix qui indiquent que 1) ce néfaste modèle productif et social est un des principaux responsables de la crise alimentaire, écologique et climatique que l’humanité affronte aujourd’hui, et les OGM agricoles représentent une surenchère du modèle agro-industriel, lequel ne fait qu’approfondir les très graves dégâts sociaux, culturels et environnementaux liés à l’agrobusiness transnational.   D’après la législation européenne, les champs d’expérience d’OGM représentent un pas préalable et indispensable pour que la Commission Européenne accepte au sein de l’Europe des cultures commerciales jusqu’ici non autorisées par l’UE. Comme l’ont dénoncé plusieurs agents européens, le protocole auquel doivent se soumettre les ETN biotechnologiques afin d’obtenir la légalisation de leurs semences transgéniques est parcouru de pièges et d’irrégularités. Parmi elles, il faut compter d’un côté les divers scandales qui ont entaché l’Agence de Sécurité Alimentaire Européenne (EFSA), qui ont montré clairement que cet organisme prétendument scientifique travaille au service de l’industrie des OGM. De l’autre côté, il faut signaler aussi le rôle d’animateur déguisé des OGM agricoles que la CE elle-même est en train de jouer.   Douze ans après le commencement des cultures de maïs transgénique en Catalogne, la parution de dizaines de cas de contamination transgénique des maïs bio et conventionnels (contamination de semences, au niveau du champ, de nourriture pour les animaux et des produits pour la nourriture humaine directe) a montré à maintes reprises que la prétendue cohabitation de cultures GM et non-GM est entièrement impossible. La prolifération de l’agriculture transgénique dans notre territoire a entraîné le dépérissement d’au moins deux variétés de maïs traditionnel (“morat” et “delqueixal”) et la réduction de 95% des cultures de maïs bio entre les années 2002 et 2008.   Tout cela veut dire sans aucun doute que les OGM rendent impossible le développement et la consolidation de modèles de production, de distribution et de société alternatifs à ceux qui maîtrisent aujourd’hui, s’appuyant sur l’agro-écologie et la lutte pour la souveraineté alimentaire des peuples. C’est à cela que s’opposent frontalement et les OGM agricoles et la société techno-industrielle capitaliste qui les rend possibles et nécessaires –nécessaires pour qu’une poignée d’agents très puissants réaffirme son pouvoir sur la population de la planète et pour qu’elle mette au point ses stratégies du business. Voilà pourquoi nous voulons appeler les gens à passer à l’action afin de détruire les cultures transgéniques et l’ordre social que veulent consolider les agents qui les promeuvent.

Communiqué du 12 juillet

 

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